La vraie définition du métier de maquilleur

Avant de vous expliquer comment je suis devenue maquilleuse professionnelle, je me suis dit qu’il était indispensable de vous donner la vraie définition du métier de maquilleur(se).

Métier aux multiples facettes, il est pourtant encore méconnu, voir étiqueté de nombreuses idées préconçues. Mais je reviendrai plus tard sur ce dernier point avec la liste des questions les plus récurrentes, mais aussi, à force, les plus énervantes.

Maquilleur : Le métier aux diverses possibilités

Être maquilleur, c’est avoir tout un panel de possibilités devant soi. Nous pouvons choisir de nous spécialiser dans un domaine en particulier, ou nous pouvons être « touche à tout », alternant par exemple d’un shooting mode à un tournage à un body painting.

  • LE CINEMA

En général, le cinéma est le 1er domaine auquel on pense lorsqu’on parle de maquillage. Il concerne bien sûr les films (longs et courts métrages), mais aussi les clips musicaux, les séries, les publicités, etc.

Le rôle du maquilleur :

Maquiller des acteurs et actrices suivant leurs rôles, leurs personnages, leurs situations, leurs actes, etc. En gros, le maquillage dépend du scénario.
Par exemple, si Gertrude a la grippe, il est évident qu’elle ne sera pas maquillée avec un beau rouge à lèvres rouge et un blush bonne mine.
Une fois les personnages préparés, direction le tournage pour y effectuer les retouches maquillage nécessaire.

Dans le cinéma français, les maquillages sont de préférence hyper légers. Il faut donc savoir obtenir un bon résultat avec très peu de matières.

Le plus : L’ambiance est souvent très bonne sur les plateaux de tournage, l’équipe étant composée d’intermittents du spectacle. Est-ce que cela a un lien avec la bonne entente ? Clairement oui !

Le moins : L’attente souvent longue, trop longue pour les gens qui ne savent pas rester en place. Avoir de la patience est une des qualités requises dans ce domaine.

  • LES EFFETS SPECIAUX

Attention, être maquilleur professionnel ne veut pas dire savoir créer un zombie digne de Walking Dead.

Une autre idée reçue : Effets spéciaux ne signifient pas forcément blessures, sang et toutes les choses gores auxquelles on pense généralement. Créer un effet spécial en maquillage peut être simplement l’action de déposer des fausses larmes au bord des yeux de l’acteur, ou le fatiguer légèrement ou, plus compliqué, de le vieillir à un âge donné.

Vous l’aurez compris, comme son nom l’indique, le but est de créer un effet spécial, quelque chose qui sort de l’ordinaire.

La base de tout maquilleur professionnel est de savoir gérer les effets spéciaux au 1er niveau :
- « Petites » blessures telles que des coupures, des hématomes, des impacts de balle, des brûlures, etc., mais tout ceci sur une petite surface.
- Vieillissements légers ou plus avancés au latex
- Des « états » : malade, personne décédée, etc.

Au 1er niveau, il n’y a donc aucune création et utilisation de prothèses.
Pour passer les niveaux suivants, il faut se spécialiser pendant encore quelques mois pour ensuite pouvoir se prétendre maquilleur FX.

  • LA TELEVISION

Contrairement au cinéma, les personnes passant à la télévision sont en représentation. Qu’il s’agisse d’un(e) journaliste, d’une célébrité ou autre, bien souvent le maquillage sera là pour les mettre en valeur. On donnera aux hommes un teint bonne mine et mat. Les femmes seront maquillées comme elles le souhaitent. Par exemple une journaliste aura en général un maquillage plutôt naturel, tandis qu’une animatrice sur une émission telle que « Danse avec les stars », sera maquillée de manière plus sophistiquée.

En fait le maquillage dépend de la fonction de la personne, de son image, de sa personnalité et du type d’émission sur lequel elle est filmée.

Les préparatifs maquillage et coiffure se passent dans les loges et doivent être réalisés en très peu de temps : 2 à 5 min pour un homme, 5 à 15 min pour une femme.
Et oui, contrairement au cinéma, la télévision c’est en général plus speed ! Les maquillages peuvent aussi être plus couvrants pour un souci de longue tenue.
Ensuite, direction les coulisses du plateau pour effectuer les retouches nécessaires lors des coupures pubs. Les visages peuvent vite briller notamment à cause de la chaleur des spots.

  • LA MODE

Univers prisé par de nombreux maquilleurs, la mode fait rêver, de par son luxe, ses mannequins, ses photographes de talent, ses créateurs, bref, son prestige.

Dans la mode, les maquillages sont d’une subtilité et d’une finesse à haut niveau. Il faut savoir maquiller avec le moins de matière possible, mais aussi être créatif sans tomber dans le "too much", le scolaire, ou à côté de la tendance.

Dans la mode professionnelle, que ce soit pour un défilé ou de la photo, ce sont souvent le créateur, le photographe, le directeur artistique qui vont décider du make up ou tout du moins, le valider. Les mannequins n’ont pas leur mot à dire. Elles sont choisies par rapport à un style particulier et sont considérées comme un « support ».

La plus grande qualité dans la mode serait pour moi la curiosité, celle de vouloir toujours être au courant des dernières tendances mais aussi de s’intéresser à l’art sous toutes ses formes. Et oui, pour être créatif, il faut avoir l’œil et l’esprit ouvert.

  • LE SPECTACLE

Ce domaine concerne les maquillages scéniques, des maquillages dont le but est de créer une totale transformation et ceci vu de loin. Le maquillage sera alors beaucoup plus intense, sans limite de quantité de matières. Cela peut s’appliquer au théâtre, à l’opéra, au cabaret, aux comédies musicales, aux spectacles de magie, aux cirques, aux drag-queens, etc.

Ici il faut savoir maquiller fort tout en maitrisant les ombres et les lumières, ou en terme plus tendance, le contouring. En effet, c’est avec cette technique que l’on peut modifier un visage. Par exemple, pour le contouring classique, on cherche à marquer le creux de la joue pour faire ressortir la pommette. Dégradez cette même ombre vers le bas, et cela donnera tout de suite un air plus masculin.
Pour faire bref, suivant le positionnement des ombres et des lumières, vous pouvez donner un air triste, joyeux, colérique, etc.

  • LA BEAUTE

Tout maquilleur professionnel doit savoir maquiller dans la beauté. Ce domaine concerne les particuliers, « madame tout le monde », vous et moi.
On pensera notamment aux maquillages mariées, aux cours d’auto maquillage, mais aussi aux évènements particuliers tels que le Festival de Cannes en maquillant des femmes qui s’apprêtent à monter les marches.

La beauté est à la fois le savoir-faire basique du maquilleur professionnel, mais aussi le plus compliqué. Pourquoi ? Et bien parce que chaque personne est différente, possède ses goûts propres, sa personnalité, ses envies, ses croyances. C’est avec toutes ces critères que le maquilleur doit s’adapter, le maitre mot étant la communication.


Un maquillage réussi l’est quand la personne maquillée se sent mise en valeur et est complètement à l’aise avec son maquillage.

  • LA VENTE

Beaucoup de maquilleurs professionnels débutent voir se spécialisent dans la vente, dans des enseignes telles que Sephora, Les Galeries, ou pour des marques telles que Make Up For Ever, Nyx, Mac, Bobby Brown, etc.
Dans le cas où ils en font leur spécialité, ils ont souvent la possibilité d’évoluer et arriver par exemple à devenir formateur produits pour la marque.

  • LA FORMATION

Enseigner le maquillage est idéal pour les personnes aimant transmettre leur passion. Pour cela il faut bien sûr être un minimum pédagogue mais aussi savoir toucher à tout dans le maquillage, le but étant de former des futurs maquilleurs, ou des personnes désirant être remises à niveau.

Le plus dans la formation est que le maquilleur doit sans cesse se remettre en question niveau techniques, nouveautés, produits, etc., afin de répondre au mieux à toutes les interrogations de leurs élèves.

  • L'ARTISTIQUE

Prestations moins demandées, le maquillage artistique est le domaine où un maquilleur peut être amené à créer un face painting ou un body painting. Ces maquillages sont souvent créés pour de la prise photo, ou pour de l'évènementiel, comme par exemple des salons de maquillage, tatouage, etc.

Les maquillages enfants sont eux beaucoup plus demandés, surtout en période de Noël et pour les anniversaires. Suivant le nombre d'enfants, ces prestations peuvent être sportives, surtout qu'un bambin ne tient pas en place plus de 5 min ! Princesses, papillon, Batman, tigre, les demandes sont souvent les mêmes, mais quelques enfants peuvent avoir des idées plus originales.

Je pense vous avoir dépeint tout ce que le métier de maquilleur professionnel donne comme possibilités. Comme je vous le disais plus haut, soit certains maquilleurs se spécialisent dans un domaine en particulier, soit ils peuvent alterner.

C'est un métier qui est tellement varié et riche en rencontres qu'on ne peut s'ennuyer ! Il faut de la patience et de la persévérance pour arriver à en vivre, mais une fois qu'on a touché ce but, ce n'est que du bonheur !

Les idées reçues

Bien que le métier de maquilleur soit de plus en plus reconnu, notamment grâce aux réseaux sociaux, de nombreux préjugés existent encore. Voici les plus courantes :

- Donc vous êtes maquilleuse ? Vous travaillez dans quel institut ?

La question la plus courante ! Celle qui à force, m’énerve le plus. Je suis admirative du travail des esthéticiennes mais nos métiers n’ont clairement rien à voir. Le seul point en commun que nous ayons c’est la mise en beauté. Une esthéticienne (ou esthéticien d’ailleurs) peut aussi avoir été formée en makeup mariage, mais le maquillage est une infime partie de ses services.
J’ai moi-même obtenu un BTS Esthétique-Cosmétique, et je vous assure que j’étais loin d’être une maquilleuse, ayant 2h cours de maquillage une fois toutes les 2 semaines. D’où mon choix par la suite, d’avoir suivi une formation de maquillage professionnel de 9 mois, avec 30h de maquillage par semaine !

- Vous avez maquillé des stars ?

En fait non, je crois que c’est cette question qui me gonfle le plus ! Je ne fais clairement pas ce métier pour maquiller le plus de stars possibles, bien au contraire ! Oui il m’arrive d’en maquiller, oui c’est « gratifiant », mais ça me passe tellement au-dessus que j’ai tendance à oublier les noms ! Et je vois bien la déception de mes interlocuteurs lorsque je réponds à cette question ! Ce regard qui veut dire « ah ok en fait si tu ne maquilles pas de stars, t’es une amatrice »

- Ah oui maquilleuse ? vous bossez dans le cinéma !

Non non, il n’y a pas que le cinéma….

- Et sinon, vous avez un vrai métier ?
- Mais c’est votre métier ? Vous en vivez ?

Oui c’est mon métier, oui j’en vis, et je dirais même, je vis de ma passion ! Malheureusement, la société nous a tellement inculqué que pour être heureux il fallait avoir un métier stable en CDI et ne surtout pas prendre de risques, que forcément, ce style de métier déroute complètement !

- « La petite maquilleuse »

Si vous saviez le nombre de fois où il m’arrive que l’on m’appelle ainsi. Je trouve ça tellement déplacé, voir même rabaissant. Ce métier n’est malheureusement pas encore pris au sérieux, et nous pouvons avoir cette sensation d’être en bas de l’échelle. Il ne devrait pas avoir de hiérarchie, chaque métier/rôle est important. Mais que voulez-vous, en 2019, il y a encore du chemin à faire !

J'espère que cet article vous aura plu, et qu'il vous aura éclairé si vous aviez besoin de plus d'informations. Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir !